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Pourquoi et comment photographier?

11.06.26 | Photographie, Réflexions

Depuis ma reprise sérieuse de la photo en septembre 2025, après une forme d’abstinance plus ou moins volontaire, je me questionne sur mon rapport à elle. Qu’est-ce qui fait que cette pratique me passionne ? Qu’est-ce que j’y cherche ? Qu’est-ce que j’y trouve ?

C’est en partie l’interview du journaliste Yann Zitouni – dont j’ignorais tout de l’activité de photographe – dans ce podcast de 2023 qui m’a (re)donné envie d’écrire ce billet. Il y mentionne deux éléments qui m’ont particulièrement parlé : l’aspect « physique » de la photo et aussi la difficulté (ou l’absence d’envie) de définir son style.

Physicalité

Je crois vraiment que c’est ce qui me plait en premier lieu. C’est le rapport à l’objet appareil photo d’abord. Le sentir dans ma main en permanence lorsque le parcours les rues. Poser mon index sur le bouton, appuyer à mi-distance pour préparer le coup (même si je suis fonctionne en BBF), sentir et entendre le son du déclencheur mécanique, puis le sentiment parfois d’avoir saisi un moment intéressant, poétique, amusant… Ou alors juste d’avoir déclenché pour le plaisir de ces sensations physiques.

Lors du vernissage de ma première photo exposée, j’ai échangé avec José Santiago, photographe neuchâtelois à l’origine du challenge, et il me disait que, pour lui aussi, c’était probablement le « clic » de l’appareil qui était le moment le plus important, ce lien physique au matériel…

Leitereflection

Néo-rétro

Il y a probablement un côté très matérialiste à parler ainsi d’un art séculaire, mais pour moi la photo est indissociable du matériel. Bien entendu, il ne fait pas tout, mais depuis que j’ai « passé » chez Fujifilm, j’ai davantage de plaisir à saisir mon appareil. L’aspect néo-rétro n’est bien sûr pas étranger à cet attrait, et la marque japonaise l’a bien compris, elle qui axe beaucoup sa communication sur ces caractéristiques-là de ses produits. Sa taille aussi, le capteur APS-C rendant le boitier compact. Et comme « Le meilleur appareil photo est celui que vous avez sur vous », j’emmène mon X-T50 partout avec moi. Le look est important, mais en l’occurence c’est vraiment l’interface « à l’ancienne » qui m’a séduit: avoir sous la main et les yeux les réglages d’ouverture et de vitesse d’obturation est un réel plus. C’est même devenu difficilement envisageable de travailler autrement (j’ai tenté de prendre des clichés avec un X-S10… mais non…). Et là encore, ça a trait à la physicalité, puisque tous les réglages sont à la fois visuels et kinesthésiques (manque le réglage des ISO, pour ça le X-T4 que je viens d’acquérir me comble, mais au final, je fais rarement varier ce paramètre).

Ralentir

L’autre aspect qui ne s’est révélé au fur et à mesure mais assez rapidement, c’est cette nécessité (impliquée aussi par le fait de photographier en mode manuel avec des réglages à portée de doigts) de ralentir. Ralentir pour mieux observer, pour mieux capter l’inattendu, l’intéressant, l’esthétique, l’amusant. Et ce ralentissement induit une plus grande attention à l’environnement. Et je conserve cette attention dans mon quotidien : lorsque je me promène en rue, en forêt, en montagne, je suis plus attentif qu’avant aux détails, aux sons, aux images… Certains de mes sens sont plus aiguisés. Je cours moins, je marche davantage en conscience. Et ça fait du bien.

Morning Self Portrait

Trop stylé

Outre le style des boîtiers chez Fujifilm, leur communication (et celle des « Fujistes » surtout) tourne beaucoup autour des simulations de film et des « recettes » personnalisées. Bien sûr d’autres constructeurs proposent du traitement JPEG au sein même du boîtiers, mais il est vrai que la version Fuji est particulièrement bien réussie et conviviale.

Cela dit, j’ai enregistré plusieurs recettes sur mon appareil et j’aime bien les utiliser. Le « problème » vient du fait que je n’arrive pas à me limiter à n’en utiliser qu’une. Dès lors, mes photos manquent de cohérence colorimétrique. Du moins, ça pourrait être une critique. Mais là, Yann Zitouni m’a donné une permission en citant notamment Doisneau critiquant la volonté de faire entrer les photographes dans des cases. Et d’enchaîner qu’il aimait toucher à de nombreux styles et essayer régulièrement de nouvelles choses. Je vois également de nombreux·ses photographes (notamment sur la plateforme Glass) qui publient des séries plutôt cohérentes thématiquement mais pas forcément en termes de couleurs. Et ça ne me pose pas de problème (même si j’avoue que lorsque les 2 sont présentes, une forme de « liant » supplémentaire se crée).

Alors, pour le moment, je publie des séries, pas toujours complètement cohérentes sur la couleur (qui, au passage, est pour moi une thématique difficile à contrôler en photo), et j’assume. C’est peut-être ça mon style pour le moment. Et ça me va. Un jour je trouverai peut-être un projet au plus long cours qui gagnera sans doute à posséder une charte colorimétrique claire… Mais c’est de la musique d’avenir.

Pour le moment, je continue de prendre plaisir à sortir avec mon appareil et à capturer des moments qui m’appellent.

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