Oui, alors bon on se calme tout de suite, je ne suis pas Usain Bolt et n’ai aucune envie (ni capacité) de le devenir. J’ai fait un 100m photographique. Inspiré par un exercice proposé par Thomas Hammoudi sur son excellent blog (dont je vous recommande chaudement la lecture).
Savoir se contraindre
L’idée est de se donner une contrainte forte : aller photographier à 100m de chez soi, pas plus. 100m, ça n’est pas énorme. C’est pour moi 2,5 rues autour et même pas en entier (pour savoir ça, je suis allé sur le guichet cartographique vaudois qui permet de tracer des cercles à l’échelle par exemple…).
Pour ma part, j’en ai ajouter quelques autres, inspirées de divers conseils vu ici ou là.
- Une limite de temps : env. 45min-1h.
- Une focale fixe : ici un 35mm (équivalent 50mm en plein format)
- Un format d’image spécifique : un ratio carré.
- Une seule simulation de film (pour les fujistes) : ça sera du Velvia.
- Eviter un maximum les retouches.
Sous la contrainte on est plus efficace. Le champ des possibles se réduit, le cadre est beaucoup plus clair. C’est quelque chose que l’on retrouve dans de nombreuses pratiques artistiques, mais pas que : vous connaissez certainement le sentiment procuré par un étalage de 250 sortes de chips différentes au supermarché… S’il y en a que 3 ou 4 et que vous n’en aimez pas les ¾, le choix est nettement plus vite fait !
Et se donner une ligne
L’idée avec cet exercice n’est pas de réaliser un chef d’œuvre artistique, mais plus d’expérimenter une partie de ce que peut être un projet photographique. Avoir une idée plutôt claire derrière la tête, connaître mon objectif (sans mauvais jeu de mot) avant de sortir avec mon appareil.
Dès lors, non seulement je me suis mis des contraintes « techniques », mais j’avais envie de créer 2 sortes de tableaux. De ce type-là.
Surtout le premier avec les couleurs. Les matières c’était davantage une idée à garder en arrière plan. Après coup je me rends compte que je ne les ai pas toutes du tout. De toute manière la batterie était morte en revenant (c’est étrange d’ailleurs, faudra que j’investigue…).
Au final je me suis dit que j’aurai peut-être de quoi faire une série sur les nuances de vert, et ça a un peu plus guidé mon regard pendant les dernières minutes.
Pour être davantage en conscience
Outre le résultat que je vais vous servir plus bas, c’est le processus qui était pour moi extrêmement intéressant : pendant un peu moins d’une heure, je n’ai pensé à rien d’autre et j’étais observateur méticuleux de mon environnement. A plusieurs moments je me suis dit « c’est fou la diversité de couleurs et de textures que je peux trouver dans ces rues que j’ai déjà parcourues à des dizaines et des dizaines de reprises » (j’ai d’ailleurs emprunté un petit chemin semi-privé pour la toute première fois).
De plus, malgré la contrainte de temps, j’ai pris… mon temps. Je n’ai, pour une fois, pas « expédié » trop de photos. J’ai pris le temps de cadrer, de régler mon expositions comme je le voulais. Et je n’ai pas mitraillé. A quelques exceptions près, je n’ai pris qu’une photo à chaque fois. Je suis encore loin de la retenue qu’exigerait le travail en argentique, mais je suis plutôt content de mon ratio.
Au final, le résultat n’est pas flamboyant, mais plusieurs images me plaisent bien. Je publie tout de même cela pour parler du processus de travail et pour montrer (et me rappeler à moi-même) à quel point tout ne sort pas « tout cuit » de l’appareil. Qu’il ne s’agit pas d’un « coup de génie », mais d’exercer son regard et sa technique, tout en ayant une ligne claire à suivre, un propos (même si celui-ci n’est pas encore intéressant puisqu’il s’agit d’un exercice).
Résultat
Pour cette version « couleurs », je me rends compte que le rose était plus difficile à trouver. Les nuances de jaune-orange aussi…
Pour la version des textures j’ai peu suivi le canevas de départ. J’observe que les textures végétales sont moins présentes (même s’il y a du bois) et que le minéral et l’artificiel sont davantage visibles, mais pas si étonnant dans un quartier d’habitations.